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LES 65 ANS DE MARIUS


ALEX OLD SCHOOL

5 décembre 2014

Pour moi Marius Trésor c'est le joueur qui a dépassé le vieux record de sélections de Roger Marche. Une carrière internationale exceptionnelle par le panache et la classe que lui a donné ce gladiateur au cours d'une mémorable décennie de football français, celle des années 70 et avec pour apogée la soirée de Séville.
Marius Trésor c'est le défenseur moderne qui a vu la France passer de l'équipe championne du monde des matchs amicaux à celle capable d'atteindre le dernier carré d'une coupe du monde.
Un défenseur moderne car il était à la fois athlétique mais possédant également une incroyable intelligence de jeu capable de lire les attaques adverses et de se porter aux avant-postes avec efficacité. Mais ce que j'ai le plus apprécié dans la carrière de ce grand monsieur c'est son attitude de grand seigneur sur et en dehors des terrains, jamais vous ne trouverez une trace dans les journaux de l'époque d'une déclaration contre un adversaire, un arbitre ou un entraîneur ou sélectionneur qui ne l'avait pas retenu.

Mr Marius Trésor c'était la classe incarnée et comment ne pas dire un mot sur la « garde noire ».
Lui-même l'avoue que parmi tous les défenseurs avec qui il a été associé en bleu, c'est avec Jean-Pierre Adams qu'il a eu les meilleures sensations sur le terrain : « Sans être mauvais avec les autres, c'est sans discussion avec Jean-Pierre Adams que je me suis le mieux entendu.
La presse était unanime : nous nous trouvions bien, nos qualités étaient complémentaires. Quand je pense à ce qui lui arrive... C'est catastrophique... je ne sais pas quoi dire...On n’est vraiment pas grand chose.... ».

Des propos pleins d'émotions recueillis six mois seulement après que Jean-Pierre Adams soit tombé dans le coma. La « garde noire » une grande époque de l'équipe de France et pourtant à l'époque il n'y avait pas de polémique sur la couleur de peau des joueurs chez les bleus et Marius Trésor lui-même balayait le non-sujet avec humour, un extrait d'une interview de France Football en 1982 où il évoque le fait d'être un joueur de couleur : « Je n'y fais pas attention. Quand on me sélectionne, on reconnaît la valeur d'un joueur, pas d'une race. Je ne pense pas que, si j'étais blanc, je compterais plus de sélections aujourd'hui.

Je n'ai d'ailleurs jamais eu de problème sur les terrains sauf une fois avec Castellan qui jouait à Angoulême. Une tête brûlée. Il m'a traité de "noir". Je lui ai répondu : "Tu ne m'apprends rien, je le sais depuis pas mal de temps" ».