Bordeaux Nîmes (29/08/1937)

Pour la toute première fois, le public bordelais va assister à un match professionnel de son équipe.

C’est une grosse et agréable surprise que réservèrent les Girondins au public bordelais venu au Parc de Suzon se rendre compte de l’exacte valeur de l’équipe professionnelle locale.

Les Girondins de Bordeaux ont écrasés les Nîmois qui auront du mal, sans doute, à défendre leurs chances dans la compétition.

Le match, du début à la fin, affirma la supériorité incontestable des Girondins.
Aucune contestation possible quant à la régularité de leur victoire.

Les Nîmois n’eurent que de rares réactions et encore leurs attaques manquèrent-elles de conviction.
L’équipe des visiteurs n’apparut pas dans une excellente forme et se laissa manœuvrer constamment.

Le succès bordelais est complet : magnifique tenue de l’équipe et réalisation en rapport avec les efforts fournis.
Mais il convient cependant – et l’on nous comprendra – d’accepter avec quelques réserves un score très éloquent.

Les Nîmois semblèrent manquer d’entrainement alors que leurs adversaires tinrent les quatre-vingt-dix minutes sans montrer la moindre gène.
Mais n’est ce pas bien tôt pour être ainsi en pleine forme ?

D’autre part, les Nîmois pratiquèrent un football classique sans doute, mais combien lent !
Et puis certains éléments ne semblent pas à leur place dans une équipe professionnelle.
Seuls, Clapsis, Ward, Meister, Mondoux et Reversat sont de la classe professionnelle, deuxième division.

Et le résultat obtenu devant St Étienne par cette formation (2 buts à zéro) ne laisse pas que de surprendre.

Mais ces réserves ne tendent pas à amoindrir la valeur et la signification du succès remporté par les Girondins.
Elles n’ont d’autre but que de prévenir un enthousiasme que nous comprenons, mais qui pourrait rapidement se transformer en déception lors de possibles défaites.

Les Girondins ont eu, dimanche à Suzon, de très beaux mouvements.
Quelques phases passables ne peuvent toutefois ternir l’éclat d’une semblable victoire.

Le Onze a pratiqué un football rapide, nerveux, débarrassé de toutes fioritures. On ne fit que ce qui était absolument nécessaire. Et ce fut très bien ainsi.

Mais encore une fois, gardons-nous d’exagérer la portée de ce succès, et ceci dans l’intérêt même des Girondins Bordeaux FC.
Tout est relatif, et une victoire ne vaut que par la valeur de l’adversaire sur lequel elle est acquise.
Et dimanche, Nîmes s’est montré quelque peu faible.

Mais nous avons été agréablement surpris par la façon, nous dirons élégante, dont vainquirent les Girondins.
Promesses pour l’avenir qu’ils se doivent maintenant de tenir.

Le demi-centre Ben-Arab, Nalet, Mancisidor, Catherineau et Urtizberea , dans l’ordre, se montrèrent les plus actifs et les plus inspirés d’un groupement bien entraîné et ayant conscience, à ce qui nous parait, de ses responsabilités.

Bon arbitrage de M. Mauret

Les équipes étaient ainsi formées :
Nimes Olympique : Boncour, Clapsis et Boissier, Ward, Meister et Amezieux, , Donnet, Méjean, Mondoux, Reversat et Mugnier.
Girondins BFC : Gérard, Mancisidor et Helm, Nalet, Ben-Arab et Dutour, Miramont, Catherineau, Urtizbéréa, Laid. et Massé.

La recette s’éleva approximativement à 10 000 francs.

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